Apprendre à partager : pourquoi c'est impossible avant 3 ans (et ce qui marche après)
Votre enfant serre son jouet contre lui et hurle. Il n'est pas égoïste : à cet âge, prêter signifie perdre. Ce qui change tout, c'est de lui montrer que l'objet revient.
Le square, un mercredi. Un autre enfant s'approche de la pelle. Le vôtre la serre contre sa poitrine et hurle comme si on lui arrachait un bras. Et vous, vous sentez tous les regards. Ce que « prêter » veut dire dans sa tête Pour un adulte, prêter c'est confier temporairement. La notion de retour est évidente — tellement évidente qu'on oublie qu'elle s'apprend. Pour un tout-petit, elle n'existe pas encore. Ce qui quitte ses mains est perdu. Sa réaction n'est donc pas disproportionnée : elle est exactement à la mesure de ce qu'il croit être en train de vivre. Il ne défend pas un jouet, il défend quelque chose qui disparaît. S'ajoute une seconde difficulté : se représenter ce que ressent l'autre enfant demande une capacité qui se construit progressivement, et qui n'est pas disponible d'un coup. Avant trois ans environ, exiger le partage revient à demander une compétence qui n'est pas encore là. Pourquoi forcer se retourne contre vous Arracher l'objet des mains de son enfant pour le